À la vie, à la mer
France, 2023
Plus de quatre siècles de pêche unissent la Baie de Saint-Brieuc à Saint-Pierre et Miquelon. C’est une histoire de marins, de naufrages et de morue : la belle et douloureuse épopée des Terres-Neuvas. L’aventure a laissé une empreinte profonde dans les sociétés de ces rivages. Alors que la grande pêche a cessé il y a près de cent ans en pays briochin, au profit d’une modernisation des navires qui se développe ailleurs, ce n’est que bien plus tard que l’archipel se voit amputée de sa raison d’être. En 1992, se confrontant aux limites d’un monde qui vacille et face au moratoire canadien qui en découle, la collectivité d’outre-mer perd son activité économique principale.
À la vie, à la mer montre comment l’on se souvient aujourd’hui sur ces deux territoires. Dans le regard d’un vieux matelot, entre les planches fracassées d’une épave, sur une plage depuis laquelle on apercevait jadis les goélettes ou en creux des espoirs d’une jeune saint-pierraise, il y est question de mémoire. Empreinte de nostalgie ou déjà presque effacée, parfois jamais transmise car laissée dans l’horreur du fond des cales des navires, on trouve sa trace, tantôt enfouie et parfois bien vivante, dans les esprits comme dans les paysages.
En tirant un fil entre les lieux et les humains, cherchant ce qui les rassemblent ou les éloignent de part et d’autre de la mer, la série questionne ce que cette dernière a donné et pris à chacun·e, ce qu’elle représente à présent, concrètement et dans nos imaginaires.
Ce documentaire photographique a été produit dans le cadre d’une commande pour le Photo Festival Baie de Saint-Brieuc. Il a fait l’objet de plusieurs expositions.

Entre la jetée de Penthièvre et la pointe de la Rognouse, la plage de l’Avant-Port de Binic dévoile ses rochers centenaires. Au XVIIe siècle, le port de cette désormais station balnéaire familiale était le plus important de la côte. Sur la ligne d’horizon, la disparition des goélettes pour Terre-Neuve et ses morues signait le début d’une longue séparation, et leur retour celui d’une grande fête. Binic, Baie de Saint-Brieuc, janvier 2023

Jean-Pol est historien et passeur de mémoire. Descendant d’un lieutenant de vaisseau disparu sur les Grands Bancs de Terre-Neuve, il écrit depuis des décennies autour de la Grande Pêche et de sa propre famille. Son arrière grand-mère, Maria Verry Carfantan, dont le buste trône au milieu du salon, fut une puissante armatrice. Surnommée « La Foudroyante », elle posséda jusqu’à neuf navires à flots. Dans un autre registre, la recette de la morue aux épinards de son aïeule Victorine Ringuenoire demeure quant à elle un classique de la cuisine de la mer. Binic, Baie de Saint-Brieuc, janvier 2023

À Miquelon, les bâtiments de la Morue Française résistent difficilement aux vents glacées qui balaient l’île du nord de l’archipel. Autrefois centre névralgique des pêcheurs du coin, à la fois commerce, banque et boulangerie, ils n’en restent que des ruines aux toitures éventrées, par lesquelles la neige s’écoule et inonde son intérieur figé dans le temps. Miquelon, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Jacques, ancien marin et descendant de capitaine de goélette, scrute les pommiers de son verger. Avec sa femme Martine, elle-même fille de pêcheur, il produit, en plus d’un cidre du Comté, une eau de vie maritime bien particulière née en Pays Goëlo : le Boujaron. Boisson de prédilection des Terre- neuvas, elle les accompagne à bord lors des grandes traversées, réchauffant les âmes des corps sacrifiées à la rudesse de la pêche morutière. Passionné, le couple entretient cette mémoire intime et régionale en perpétuant ce petit goût d’aventure. Etables-sur-Mer, Baie de Saint-Brieuc, janvier 2023

Sur l’île aux Marins, anciennement île aux Chiens, un cimetière de bout du monde enneigé surplombe une mer agitée. Base de pêche foisonnante au milieu du XIXe siècle, la communauté de cette petite île pionnière face à Saint-Pierre rejoint peu à peu cette dernière dès le début du XXe, suivant le déclin de l’activité économique liée au poisson. Déserté pendant plusieurs décennies, le caillou phare de l’archipel fait aujourd’hui l’objet d’un regain d’interêt, tant son patrimoine est riche et précieux. Une association oeuvre désormais avec courage à sa sauvegarde. L’île aux Marins, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Clémence est née en 1997, cinq années après le moratoire canadien qui interdit la pêche à la morue le long de la côte est du Canada. Enfant du pays, elle étudie à Montréal et à Paris avant de revenir dans l’archipel le temps d’une saison. Sa génération est la première à vivre ici sans être directement impliquée dans l’activité économique maritime qui justifiait son peuplement depuis des siècles. Son héritage est puissant et son lien avec l’océan indéfectible. Pourtant, à l’instar des jeunes gens de son âge sur ce territoire, Clémence se demande bien comment écrire un nouveau récit pour les terres qui ont vu naître ses ancêtres, loin de la métropole et d’un passé révolu. Entre Miquelon et Langlade, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Au nord, les grandes presqu’îles de Miquelon et Langlade sont bien moins peuplées que Saint- Pierre, centre économique de l’archipel. La légende raconte que l’isthme qui les relie totalement depuis la fin du XVIIIe siècle a été façonné par les naufrages de centaines de bateaux empruntant l’ancien chenal et s’échouant sur ses bancs. Long de 12 kilomètres, il est jalonné de petites collines de sables qui lui valent son autre nom : la Dune. Par endroits, il ne mesure que 100 mètres de large et chaque année, l’érosion menace de plus en plus son existence. Entre Miquelon et Langlade, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Dans la cuisine de leur maison, Edouardine et Luc mènent une retraite modeste et tranquille. Né·es en 1944, elle et il se rencontrent adolescent·es, se marient, ont quatre enfants, des petits-enfants puis des arrières petits-enfants. Tout au long de leur vie, la pêche donne la cadence. Luc commence de bonne heure. D’abord petit gravier, c’est-à-dire chargé d'étaler et de faire sécher la morue sur les graves, les terrains caillouteux du rivage. Puis son père l’emmène sur un bateau dès 14 ans. D’avril à octobre, de 1958 à 1980, il pêche en doris, l’embarcation à fond plat utilisée pour la pêche côtière, et l’hiver, il travaille le poisson à l’usine. Ici, en ce temps là, de pêcheur à ouvrier, il n’y a qu’un pas. Quand la morue vient à manquer, Luc et ses fils sont parmi les premiers à se lancer dans la pêche artisanale du crabe des neiges. À cette époque, Edouardine commence à en vendre le fruit, d’abord chez eux, puis dans une poissonnerie familiale sur le port de Miquelon. Leur petite affaire tourne bien et leur permet de survivre au moratoire. Pourtant, après 58 années de bons et loyaux services, la pension de Luc est misérable et celle d’Edouardine inexistante. Tout ça pour ça, et plus de poisson dans la mer. Luc se prend parfois à rouler jusqu’au calvaire pour regarder l’océan. Où sont passés les bateaux qui ont peuplé sa vie entière ? Miquelon, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Sur la route de la Pointe à Philibert, l’épave du Radar III n’en finit plus de mourir. De 1974 à 1992, cet ancien bateau de pêche devenu bateau-pilote a guidé des milliers de navires à l’entrée et à la sortie de l’étroite rade du port de Saint-Pierre. Tantôt bateau de sauvetage ou de recherche de disparus en mer, tantôt brise-glace, son destin est intimement lié à la fin de la grande pêche. Rebaptisé Ymac, il est classé au Monuments historiques français en 2008. Malheureusement, les projets espérés autour de sa valorisation restent des idées, et les violentes intempéries qui officient dans l’archipel achèvent doucement de le détruire. Saint-Pierre, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

À 9 ans, Norah accompagne sa mère au travail pour l’aider : elle est femme de ménage à l’usine Interpêche, et la petite fille ne sait pas encore qu’elle-même passera la plus grande partie de sa vie dans ces murs. L’enfant devenue jeune femme rejoint l’entreprise en 1984 et y travaillera jusqu’en 2011, année de sa fermeture. C’est l’heure du plan social, de la colère et des indemnités. Aujourd’hui reconvertie comme agente de service hospitalier, Norah se souvient avec nostalgie du temps de l’usine. La tache était difficile mais enjouée. Les femmes ouvrières étaient solidaires, attachées aux marins et au poisson plus encore qu’à la mer. On pêchait ce dernier, le travaillait 6 jours sur 7, puis on le mangeait. C’était leur vie à toutes et tous. Saint-Pierre, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Au sud de l’Anse à Rodrigue, un quai surmonté de vieux bâtiments ferme le port de plaisance. De la Poissonnerie de Saint-Pierre encore active à son entrée à l’ancienne usine désaffectée d’Interpêche qui l’occupe presque entièrement, tout sur ce bras bétonné évoque l’époque révolue de la grande et heureuse pêche. Le temps y fait son oeuvre, et le sel n’est pas tendre avec ses vestiges. Saint-Pierre, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Petit-fils de breton, Jean né en 1936 sur l’île aux Marins. Il monte à bord du doris familial et devient pêcheur le 15 avril 1950, à 13 ans et 3 mois très exactement. Pendant des années, il pratique cette petite pêche côtière, comme matelot puis capitaine au décès de son père. En 62, le poisson vient à manquer, l’île est désertée, et Jean rejoint Saint-Pierre comme les autres. Il embarque alors sur les chalutiers de la SPEC et découvre des conditions de travail plus dures, des hivers à découper le poisson directement sur le pont du bateau. Jean quitte bientôt cette pêche là pour commander les navettes entre l’archipel et Terre-Neuve, puis prend sa retraite en 1992, au moment même où le moratoire met fin à l’activité qui a rythmé toute son existence. De sa maison face au Quai du Commerce, il s’imaginait continuer à contempler l’activité du port pour ses vieux jours, mais tout s’est arrêté. Jean n’est plus allé en mer depuis trois ans. Il n’a plus le pied marin, dit-il. Ces choses là aussi se perdent. Saint-Pierre, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Inauguré en 1920 sur la côte est de Saint-Pierre, l’ancien frigorifique révolutionne l’industrie de la pêche. La congélation remplace le salage et le séchage de la morue, devient le point de départ d’une chaine du froid transatlantique. Haut-lieu du trafic d’alcool pendant la prohibition puis exploitée dès les années 50 pendant plus de deux décennies par la SPEC (Société de Pêche et de Congélation), la structure connait une période faste, au sein de laquelle travaillent jusqu’à 350 personnes, découpant et conditionnant le poisson pour l’exportation. Avec le déclin de l’activité économique et suite à la fermeture de la société, les autorités lui cherchent de nouvelles utilités. On y range du matériel, entrepose des véhicules, jusqu’à ce qu’un accident mortel mène la préfecture à condamner le site en 2020. Ce géant de béton, témoin remarquable de l’âge d’or de la pêche, est aujourd’hui laissé à l’abandon. Saint-Pierre, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Jules embarque sur le Lieutenant René Guillon, dernier trois mâts terre-neuvier français à quitter les côtes bretonnes en 1950. Il a 17 ans, et n’avait encore jamais vu de bateau avant cet imposant voilier. Parti le 14 mars, Jules revient le 22 septembre sans avoir touché terre. Il se souvient des jours sans nuit sur le cercle polaire au mois de juin, puis de l’ouragan du 16 septembre qui a failli causer leur perte. Fils de fermier, le marin est un novice inattendu. Il remplace un jeune appelé au pied levé et change du même coup sa destinée, de la terre à la mer. Devenu chaudronnier, il quitte la marine en 1967 et ne remontera plus jamais sur un bateau. Jules se lance dans la blanchisserie et construit une entreprise familiale florissante, désormais véritable institution, loin des profondeurs de l’océan. Pourtant, aujourd’hui encore, il continue de transmettre sa mémoire, en dernier dorissier survivant d’un métier oublié. Matignon, Côtes d’Armor, mars 2023

A l’étage d’un bistrot du port de Binic, Pierre Fénard, féru d’Histoire, dévoile une plaque photographique d’un départ de pêche de Portrieux vers Terre-Neuve. Elle daterait du début du XXe siècle et provient du fonds iconographique de Jean-Baptiste Barat, Quinocéen d’adoption décédé en 1931 et précieux témoin de l’activité portuaire locale à cette époque. On y distingue plusieurs goélettes arrimées et la foule inondant le quai pour l’embarquement et les adieux de circonstances. Binic, Baie de Saint-Brieuc, janvier 2023

René Le Cam, « p’tit gars du port » aux mille histoires, devient poète et écrivain après une vie de marin. Enfant d’une pupille de la nation, il raconte la fin tragique de son grand-père, parti en mer et en campagne une dernière fois pour rentrer avec de quoi s’acheter un cheval et changer de vie, lui aussi. Mais la bateau a fait naufrage, et il n’est jamais revenu. Imprégné de ces souvenirs transmis de génération en génération, et marqué par les récits des conteurs improvisés du port de ses jeunes années, René s’est promis de mener son existence et d’écrire la mémoire du coin qui l’a vu naitre avec tendresse et poésie. Saint-Quay, Baie de Saint-Brieuc, janvier 2023

Dans les méandres du Musée Héritage, Roland Châtel expose ses riches collections personnelles depuis 20 ans. Véritable temple de la mémoire de l’archipel, on y trouve une dizaine de salles relatant l’Histoire de la médecine, de l’éducation, de la religion, de la prohibition et bien sûr de la pêche. À l’étage consacré à cette dernière, entre les doris et les filets, un authentique étal d’outils de réparation en tous genre est reconstitué. Il ne manque qu’un dorissier devant lui pour plonger totalement dans ce passé révolu. Saint-Pierre, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Karl pose fièrement sur le pont de son bateau, le Martin-Hélène, d’après les prénoms de ses enfants. L’itinéraire de cette figure locale est à l’image de celui de l’archipel, fait de labeur, d’aventures, de chutes et d’espoirs. A 14 ans, comme beaucoup de ses camarades, il est « orienté vers la vie active ». Apprenti fileteur, il gravit les échelons et, à peine majeur, devient contremaitre-formateur. Rapide et précis, son talent pour la préparation du poisson est une denrée rare. Au gré des évènements, Karl évolue, saisit les opportunités. Après le moratoire, il se lance dans la pêche artisanale. Il sort de l’usine où il régnait pour monter sur un navire, et ne quittera plus jamais la mer. Quand la dernière usine avec laquelle il travaillait ferme en 2011, le marin décide, à 50 ans, de reprendre des études. Direction Concarneau, en Bretagne, où il sera formé pendant un semestre pour devenir capitaine. Aujourd’hui, il tient la barre des ferries flambant neufs qui relient Saint-Pierre à Miquelon. Toute sa vie, Karl a su naviguer dans le contexte changeant des îles, de périodes fastes en jours de tempête. Saint-Pierre, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Chansonnier phare de Saint-Pierre, Henri officie comme guitariste rythmique des Rainbows dès la fin des années 60. Avec son groupe, il enflamme les scènes des nombreuses boites de nuit de l’île. Chacune avait sa cohorte d’habitué·es, toutes et tous prêt·es à danser pendant des heures. Quand il y avait gros temps, les équipages venus d’ailleurs faisaient relâche, mouillaient au port et se déversaient dans les rues animées de la ville pour y faire la fête. Au Yatch Club, les marins venaient d’Allemagne de l’ouest, du japon ou de France, tandis que l’Etoile avait la préférence des Espagnols. Henri jouait sans répit, même lorsqu’une bagarre entre Normands et Bretons éclatait. On finissait la nuit sur les bateaux, à jouer aux cartes jusqu’à l’aube. Le musicien se souvient de cette époque, les yeux brillants. En parallèle d’une carrière de professeur puis de directeur du Centre d’information et d’orientation de l’archipel, il chante ses chansons, politiques, engagées, teintées de nostalgie. Henri n’a pas travaillé en mer mais l’a mise en musique toute sa vie, et continue de faire voyager l’identité de Saint-Pierre-et-Miquelon en concerts partout où il le peut. Saint-Pierre, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Au sud-est de l’Île aux Marins, sur le chemin qui mène à la Pointe à la Caille, un lavoir abandonné subsiste dans la neige. Seul bâtiment du genre couvert de l’île, il servait à toute sa population lorsque celle-ci était encore nombreuse. Une nappe phréatique et un ruisseau y acheminaient l’eau, et il faisait gagner un temps précieux aux usagers ne devant plus se rendre en bateau à Saint-Pierre pour laver leur linge. L’île aux Marins, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Au sud-est de l’Île aux Marins, sur le chemin qui mène à la Pointe à la Caille, un lavoir abandonné subsiste dans la neige. Seul bâtiment du genre couvert de l’île, il servait à toute sa population lorsque celle-ci était encore nombreuse. Une nappe phréatique et un ruisseau y acheminaient l’eau, et il faisait gagner un temps précieux aux usagers ne devant plus se rendre en bateau à Saint-Pierre pour laver leur linge. L’île aux Marins, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Dans le milieu de la mer, on disait de Jean qu’il était un gratte-papier. Arrière petit-fils, petit-fils et fils de pêcheur, la déconvenue est grande lorsque son père l’emmène sur un doris à l’âge de 7 ans, et le voyant sensible à la houle, décrète qu’il ne sera jamais marin. Son destin sera bien différent de celui de ses camarades. Brillant à l’école, élève-boursier, il quitte Saint-Pierre dès 1956 pour poursuivre des études d’expert-comptable en métropole. En mal de son pays, il revient dans l’archipel au début des années 60, et travaillera toute sa vie dans de grandes entreprises locales, de la société de construction du port à l’entrepôt frigorifique majeure de l’île, jusqu’à en prendre la direction. En 93, en réponse au moratoire qui bouleversera les activités de Saint-Pierre et Miquelon pour toujours, il participe à la Croisade des îles : en compagnie d’élus et de marins, il embarque à bord du Croix de Lorraine et de la Goélette, et va, dans un geste symbolique et désespéré pour faire entendre leurs voix, provoquer les Canadiens en mer. Ils seront tous emprisonnés une dizaine de jours à Terre-Neuve. Saint-Pierre, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023

Depuis l’île aux Marins, un coin de ciel bleu, la neige, la mer et son écume. C’est un tableau réaliste du temps sur l’archipel, lieu d'affrontement entre des poussées d'air froid arctique et des masses d'air maritime plus douces, et de rencontre du courant océanique chaud du Gulf Stream avec celui plus froid du Labrador. Ce sont dans ces eaux, saupoudrées des bancs de brume de Terre-Neuve, que des milliers de marins bretons, normands, basques et d’ailleurs naviguaient contre vents et marées. L’île aux Marins, Saint-Pierre et Miquelon, février 2023