La série présentée ici est le résultat de trois années d’une amitié intense durant laquelle V. m’a donné ses instants avec une transparence troublante. J’ai commencé à la photographier en 2012, tissant avec pudeur et une tendresse infinie les images de son quotidien.

Regard posé, mais par la force des choses toujours protagoniste, j’ai rapidement saisi cette chance que mon sujet m’offrait d’être si proche et de pouvoir pourtant disparaître de son espace, n’influençant jamais ses gestes, ses fulgurances ou ses chutes.
Cette proximité émotionnelle a évidemment provoqué des interrogations quant à mon implication dans ses actes. J’ai choisi d’utiliser cette sensation, de repousser mes limites, de tolérer la douleur, et d’écrire cela dans mes photographies.

Chaque image devint pour nous un moment fort de l’histoire que nous avions choisi de raconter, un souvenir vibrant de ce que l’on a partagé.

V. est le portrait intime d’une femme qui se perd dans ses douleurs à grands coups d’extrême.
L’ivresse, la nuit, le crack, un combat permanent pour apprendre à s’aimer, à dépasser sa mémoire.
C’est une déclaration d’amour, un pardon.
Ce sont toutes nos peurs, et tous nos espoirs.

2012 — 2014