Le cheval-vapeur est une unité de puissance qui exprime une équivalence entre la puissance fournie par un cheval tirant une charge et celle fournie par une machine de propulsion à vapeur ou un moteur à combustion. Le cheval était la référence de puissance des attelages avant l’avènement de la propulsion mécanique.

Quelque part dans le bois de Vincennes, des femmes, des hommes et des chevaux, fonctionnaires de la Ville au coeur du poumon vert de Paris, travaillent ensemble depuis plus de vingt ans.

Chaque jour, ces équipées insolites arpentent les chemins forestiers et arrosent, débardent, collectent les déchets du parc, au rythme du pas lourd et puissant des animaux, à l’abri du proche vacarme de la Capitale.

Cette expérience locale de retour à la terre est un symbole fragile d’une politique de proximité qui semble vouloir ralentir. A l’atelier, un ancien élagueur, une jardinière, un bûcheron, ont appris à soigner les chevaux, à les harnacher, puis à les mener au travail avec coeur.

En immersion dans cette étrange unité, je pose un regard sur la relation intime et millénaire qui se tisse encore entre l’humain et le cheval, aujourd’hui, aux portes de Paris. Cette nouvelle frontière entre un monde rural passé et une vie moderne à la pérennité incertaine se dessine dans les gestes quotidiens observés. Le lien existe, indéniablement, et se renforce sans cesse lorsqu’il est entretenu.

Une autre vie, plus lente et plus organique, semble possible.

2019